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Le DISCde Marston

En situation6 min

DISC et communication interculturelle : travailler efficacement dans des équipes internationales

Représentation du

Gros plan sur une carte géographique d’Europe piquée de repères de couleur.

Les équipes réparties sur plusieurs pays sont devenues ordinaires, et avec elles une difficulté que la maîtrise de l’anglais ne règle pas : deux personnes peuvent employer les mêmes mots et ne pas se comprendre. Le DISC offre ici une grille de lecture utile, à condition de savoir ce qu’elle décrit — des comportements observables, rien de plus.

Dans un environnement international, comprendre comment son interlocuteur formule un désaccord, gère le silence ou signale une réserve vaut souvent mieux qu’un argument supplémentaire. Cet article explique ce que le DISC apporte à ces situations, et où passe la frontière entre un style personnel et une habitude culturelle.

Il projette le schéma à quatre lettres et demande à chacun un exemple pris dans la semaine.

Comprendre le modèle DISC

Le DISC classe les comportements selon quatre tendances : Dominance, Influence, Stabilité, Conformité. Son origine est souvent racontée de travers. Le psychologue américain William Moulton Marston (1893-1947) décrit quatre émotions normales dans Emotions of Normal People, paru en 1928 ; il n’a créé ni questionnaire, ni code couleur. Les premiers instruments de mesure sont dus à Walter Clarke dans les années 1940, la version à choix forcé aux années 1950, les déclinaisons commerciales ensuite. Le DISC ne dérive pas non plus des travaux de Jung : c’est le MBTI qui s’en réclame. Cette généalogie est détaillée dans notre page consacrée à l’histoire du modèle et à son auteur.

  • Dominance : orientation vers le résultat, décision rapide, goût du défi. En contexte international, cette rapidité peut passer pour de la brusquerie là où l’on attend une phase de mise en relation.
  • Influence : la personne entraîne, persuade, s’appuie sur la relation. Elle facilite souvent les échanges entre cultures, mais peut surestimer ce qu’un sourire poli signifie.
  • Stabilité : recherche de constance, rythme posé, attention à l’harmonie du groupe. Utile pour tenir une équipe dans la durée, ce style peut être lu comme un manque d’engagement là où l’on valorise l’initiative visible.
  • Conformité : besoin de données, de règles claires et de précision. Précieux pour documenter un processus partagé entre plusieurs pays, ce style peut sembler tatillon à qui privilégie la vitesse.

Un point mérite d’être posé d’emblée : le DISC décrit des comportements observables. Il ne mesure ni la compétence, ni la motivation, ni la performance future d’une personne, et il ne dit rien de sa culture d’origine.

Après sa question, personne ne répond pendant six secondes ; elle reformule et attend encore.

La communication interculturelle : enjeux et perspectives

Travailler à l’international suppose plus que de partager une langue de travail. Les malentendus naissent rarement du vocabulaire : ils viennent de ce qui n’est pas dit, et de ce que chacun croit évident.

Les styles de communication en donnent l’exemple le plus net. Dans certains contextes, un désaccord s’exprime frontalement et sans conséquence pour la relation ; dans d’autres, il se signale par une réserve, un délai de réponse, une formule prudente. Un « nous allons étudier cela » peut valoir accord de principe ici, refus poli ailleurs. Le rapport à la hiérarchie, la place accordée au silence ou la manière de donner un retour négatif varient de la même façon.

C’est là que le DISC rend service, en fournissant un vocabulaire commun pour parler des préférences de chacun sans porter de jugement. Une personne au style dominant, dans une équipe habituée au consensus, pourra être perçue comme autoritaire alors qu’elle cherche simplement à avancer. À l’inverse, un style stable dans un environnement où l’on attend des prises de position rapides passera pour hésitant.

Il faut cependant se garder d’une confusion fréquente : un profil DISC est individuel, une norme culturelle est collective. Deux personnes du même pays peuvent avoir des styles opposés, et une même personne ajuste son comportement selon le contexte, la langue employée ou son niveau de fatigue. Utiliser le DISC pour expliquer un comportement par la nationalité reviendrait à remplacer un stéréotype par un autre. Savoir reconnaître les couleurs et les styles DISC sert à formuler des hypothèses, jamais à étiqueter durablement quelqu’un.

Il envoie l’ordre du jour la veille, puis ouvre un document partagé pour les contributions écrites.

Appliquer le modèle DISC à la gestion des équipes internationales

Reste l’usage concret. Voici quatre applications qui tiennent debout dans une équipe multiculturelle :

  1. Partager les préférences de travail. Plutôt qu’un classement, un tour de table où chacun dit comment il préfère recevoir une demande urgente, un retour critique ou une information complexe. Le DISC sert de langage commun à cet échange.
  2. Adapter le format des échanges. Les profils influents s’expriment volontiers en réunion ouverte ; les profils conformes donneront le meilleur d’eux-mêmes s’ils reçoivent l’ordre du jour et les données à l’avance. Une réunion internationale qui combine les deux formats perd moins de monde en route.
  3. Anticiper les points de friction. Les tensions récurrentes opposent souvent une exigence de vitesse à une exigence de précision. Nommer cette différence de style désamorce une bonne part des reproches personnels.
  4. Rendre l’inclusion opérante. Reconnaître qu’un collaborateur silencieux en visioconférence n’est pas un collaborateur désengagé, et prévoir un canal écrit pour qu’il contribue, change davantage les choses qu’une déclaration d’intention. Ce travail sur les dynamiques d’équipe relève pleinement d’un accompagnement collectif.

Ces usages ont un point commun : ils portent sur les règles du jeu de l’équipe, pas sur l’évaluation des personnes.

Elle ajoute deux phrases de contexte à sa demande de deux lignes, puis clique sur envoyer.

Ce que le DISC change au quotidien dans une équipe internationale

L’apport du DISC dans un contexte interculturel est modeste et réel. Modeste, parce qu’il ne décrit qu’une partie de ce qui se joue : la culture, la langue, le fuseau horaire, l’historique de l’entreprise et la répartition du pouvoir pèsent au moins autant. Réel, parce qu’il donne aux équipes un vocabulaire neutre pour parler de leurs différences de fonctionnement sans que personne ne se sente mis en cause.

Un manager qui sait qu’une demande formulée en deux lignes sera reçue comme sèche par une partie de son équipe, et qui prend trente secondes de plus pour la contextualiser, obtient un effet immédiat. C’est à cette échelle que le modèle est utile : de petits ajustements répétés, plutôt qu’une grande théorie de la diversité. Encore faut-il l’employer comme une grille de lecture souple, revue au fil des échanges, et non comme une classification définitive des personnes.

Il repousse sa chaise, rouvre son carnet et demande si un profil change selon le pays.

FAQ

Qu’est-ce que le modèle DISC et comment s’applique-t-il à la communication interculturelle ?

Le DISC est une grille de lecture des comportements observables, organisée autour de quatre tendances : Dominance, Influence, Stabilité et Conformité. Dans un contexte interculturel, il fournit un vocabulaire commun pour parler des préférences de communication de chacun — rythme, niveau de détail, manière d’exprimer un désaccord — sans porter de jugement sur les personnes.

Pourquoi est-il important de comprendre les différences culturelles dans une équipe internationale ?

Parce que les règles implicites diffèrent : la façon de dire non, la place du silence, le rapport à la hiérarchie ou au délai. Sans ces repères, un comportement normal dans un contexte est lu comme un manque de respect ou d’engagement dans un autre, et la confiance s’érode sans que personne ne comprenne pourquoi.

Comment le DISC peut-il améliorer la collaboration au sein d’une équipe multiculturelle ?

En rendant explicites des préférences qui restaient tacites. Savoir qu’un collègue a besoin des chiffres avant la réunion, qu’un autre préfère décider vite quitte à ajuster ensuite, permet d’organiser les échanges en conséquence. Le gain porte sur le format du travail commun, pas sur l’évaluation des personnes.

Quels sont les défis courants dans la communication interculturelle et comment le modèle DISC peut-il aider ?

Les difficultés les plus fréquentes concernent la communication non verbale, les styles de décision et la perception de la hiérarchie. Le DISC n’explique pas ces différences, qui sont culturelles ; il aide à en parler ouvertement en équipe et à convenir de pratiques communes, ce qui est déjà beaucoup.

Peut-on utiliser le DISC pour constituer des équipes internationales ?

Le DISC peut éclairer la composition d’un groupe de travail, à titre indicatif et avec l’accord des intéressés. Il ne doit en revanche jamais servir à sélectionner ou à écarter quelqu’un : il ne mesure ni compétence ni performance, et une équipe composée pour la seule complémentarité des styles resterait déséquilibrée sur tout le reste.