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Le DISCde Marston

En situation7 min

DISC et gestion des conflits : désamorcer les tensions en équipe

Représentation du

Deux gros cordages réunis par un nœud, sur un fond gris uni.

Dans une équipe, la plupart des tensions ne viennent pas d’un désaccord de fond. Elles viennent d’une différence de rythme, de niveau de détail ou de façon d’annoncer une mauvaise nouvelle — des écarts que chacun interprète comme un manque de sérieux ou de considération. Le DISC aide à nommer ces écarts avant qu’ils ne deviennent des griefs personnels. Voyons ce qu’il permet réellement, et où s’arrête son usage.

Il écrit « comportements » d’un côté du tableau, « personnes » de l’autre, et trace un trait entre les deux.

Le modèle DISC : un regard sur les comportements

Le DISC répartit les comportements observables selon quatre tendances : Dominant, Influent, Stable et Consciencieux. Un mot sur son origine, souvent mal racontée : c’est en 1928, dans Emotions of Normal People, que le psychologue américain William Moulton Marston (1893-1947) expose quatre réactions ordinaires ; ni test ni palette ne sont de lui, et le modèle ne dérive pas des travaux de Jung. Les premiers instruments sont dus à Walter Clarke dans les années 1940. Cette histoire est retracée dans notre page sur le modèle et son auteur.

Retenons surtout ce que le modèle décrit : des comportements, pas des personnes. Il ne mesure ni la compétence, ni la motivation, ni la bonne foi de qui que ce soit — trois choses qu’on aimerait pourtant trancher au plus fort d’un conflit.

Les profils DISC en détail

  • D pour Dominant : décide vite, prend l’initiative, va au résultat. Sa franchise peut être reçue comme de la brusquerie.
  • I pour Influent : entraîne et persuade, travaille par la relation. Son besoin d’adhésion peut faire passer un désaccord technique pour un rejet personnel.
  • S pour Stable : fiable et régulier, attentif à l’harmonie du groupe. Il encaisse longtemps sans rien dire, ce qui rend l’explosion tardive difficile à comprendre pour les autres.
  • C pour Consciencieux : veut les données et la précision. Son exigence passe pour de la rigidité quand elle porte sur un point que les autres jugent secondaire.

Application pratique pour réduire les tensions

Identifier ces tendances dans une équipe permet deux choses simples :

  • Adapter la forme du message : aller à l’essentiel avec un Dominant, associer les Influents aux discussions ouvertes, annoncer un changement à l’avance à un Stable, fournir les éléments chiffrés à un Consciencieux.
  • Anticiper les frictions connues : un projet qui confronte une exigence de vitesse à une exigence de précision produira des tensions, quelles que soient les qualités des personnes en présence. Autant le prévoir dans l’organisation du travail.

Ces repères ne se substituent pas à une conversation franche. Ils la rendent possible en déplaçant le sujet : on parle de manières de travailler plutôt que de caractères, ce qui change tout dans une discussion tendue.

Elle liste au tableau la charge, les délais et les rôles, avant de parler des personnes.

Identifier et comprendre les conflits en équipe

Avant de chercher à apaiser, il faut comprendre l’origine. Un conflit de styles ne se traite pas comme un conflit d’intérêts ou un problème de charge de travail, et confondre les deux fait perdre du temps.

Les sources de conflits récurrents

  • Les divergences d’objectif : lorsqu’un Dominant vise le délai et un Consciencieux la qualité de la livraison, chacun est fidèle à sa mission et le désaccord est réel.
  • Les méthodes de travail contrastées : un Influent qui avance par essais successifs bouscule l’organisation méthodique d’un Consciencieux, sans toujours s’en apercevoir.
  • Les attentes mal formulées : un flou sur les responsabilités ou sur ce qui sera reconnu produit des tensions durables, indépendamment des profils. Beaucoup de ces flous remontent à l’embauche, d’où l’intérêt de poser franchement le cadre du poste dès l’entretien.
  • Les causes qui n’ont rien de comportemental : surcharge, objectifs contradictoires fixés par la direction, rémunération, poste mal défini. Traiter ces conflits-là comme des incompatibilités de personnes serait une erreur de diagnostic — et une injustice pour les intéressés.

Comment utiliser le DISC pour apaiser les tensions

  • Faciliter le dialogue : choisir le bon registre selon l’interlocuteur. Un Stable sous tension a besoin d’être écouté sans être pressé ; un Dominant contrarié attend qu’on nomme le problème sans détour.
  • Établir des règles communes : plutôt que de demander à chacun de changer, convenir de quelques pratiques — délai de réponse attendu, forme des comptes rendus, moment où l’on tranche. Ces règles neutralisent une bonne part des frictions de style.
  • Séparer la personne du comportement : dire « j’ai besoin de la décision avant jeudi » plutôt que « tu es trop lent » désamorce l’escalade. Le vocabulaire du DISC aide à formuler ce type de demande.

Employer le DISC dans un conflit, c’est faire l’hypothèse que l’autre agit selon une logique cohérente, différente de la sienne. Cette hypothèse est souvent juste, et elle suffit fréquemment à débloquer la situation.

Il place les deux collègues face au même document et leur demande de réécrire la phrase litigieuse.

Mettre en place des solutions concrètes

Une fois les styles repérés et l’origine du conflit posée, restent les actions.

Techniques de médiation adaptées aux profils

  • Avec un Dominant : des échanges courts, un objectif explicite, une marge de décision réelle sur une partie du sujet.
  • Avec un Influent : un espace où il peut exposer son point de vue et être entendu, et une reconnaissance de sa contribution qui ne soit pas de pure forme.
  • Avec un Stable : de la prévisibilité, un calendrier annoncé, et le temps de dire ce qu’il n’a pas dit depuis des semaines.
  • Avec un Consciencieux : des éléments factuels, un raisonnement explicite, et la possibilité de vérifier ce sur quoi il s’engage.

Former les équipes au modèle DISC

  • Un langage partagé : un atelier où chacun découvre son profil et celui des autres crée un vocabulaire commun. L’effet principal n’est pas la découverte de soi, mais la légitimation d’une différence jusque-là vécue comme un défaut.
  • Des compétences de communication : écoute active, formulation d’une demande, expression d’un désaccord. Ces savoir-faire pèsent davantage que la connaissance du modèle lui-même, et un accompagnement de l’équipe leur donne un cadre durable.
  • Une vigilance à poser d’emblée : le profil d’un collègue ne doit jamais servir d’argument dans une dispute. « C’est bien un D, il ne peut pas comprendre » est exactement l’usage à proscrire.

Suivre et ajuster les pratiques

  • Observer ce qui a changé : les règles convenues sont-elles tenues, les échanges difficiles ont-ils lieu plus tôt ?
  • Réviser les hypothèses : un profil n’est pas un verdict, et les comportements évoluent avec le contexte, la charge et la confiance.
  • Savoir passer la main : harcèlement, discrimination, souffrance au travail relèvent des ressources humaines et des instances compétentes, pas d’un atelier sur les styles comportementaux.

Ces pratiques permettent à chacun de trouver sa place sans renoncer à sa manière de travailler. Les mêmes principes d’ajustement s’appliquent d’ailleurs hors de l’équipe, notamment dans les situations de négociation, où lire le style de son interlocuteur change la tournure de l’échange.

Gérer les conflits avec le DISC ne consiste pas à appliquer une méthode rigide. C’est d’abord accepter que l’autre fonctionne autrement, et que cette différence n’est ni une faute ni un obstacle — une ressource francophone en expose le raisonnement complet, pour qui veut aller au-delà du cas du conflit. Un manager qui sait ajuster son style d’encadrement selon les personnes évite une partie des tensions avant qu’elles n’apparaissent. Le reste se traite comme il s’est toujours traité : en parlant tôt, clairement, et en distinguant ce qui relève des styles de ce qui relève de l’organisation.

Elle rouvre la porte de la salle et demande ce qu’on fait quand la situation dépasse les styles.

FAQ

Comment le DISC aide-t-il à gérer les conflits en équipe ?

Le DISC classe les comportements observables selon quatre tendances : Dominance, Influence, Stabilité et Conformité. Il fournit un vocabulaire neutre pour parler des différences de fonctionnement — rythme, niveau de détail, manière d’exprimer un désaccord — et permet de traiter une friction comme un écart de style plutôt que comme un conflit de personnes.

Le profil DISC influence-t-il la façon d’aborder un conflit ?

Oui, dans la forme. Un profil dominant tendra à poser le désaccord frontalement et vite, un profil stable à l’éviter le plus longtemps possible, un profil consciencieux à réclamer des faits avant de se prononcer. Connaître ces tendances aide à choisir le bon moment et le bon registre pour ouvrir la discussion.

Quels signes annoncent un conflit dans une équipe ?

Une baisse des échanges informels, des réponses écrites de plus en plus brèves, des réunions où les désaccords ne s’expriment plus, des comportements d’évitement ou des remarques ironiques répétées. Ces signaux apparaissent en général bien avant l’incident qui déclenche le conflit ouvert.

Comment désamorcer une situation tendue en s’appuyant sur le DISC ?

En adaptant sa manière d’aborder chacun, et surtout en séparant le comportement de la personne. Formuler une demande précise sur un fait — un délai, un format, une information manquante — avancera plus qu’un jugement sur un caractère. Le DISC fournit les mots pour cela.

Le DISC suffit-il à résoudre les conflits ?

Non. Il éclaire les conflits qui viennent de différences de fonctionnement, ce qui en représente une bonne part sans les couvrir tous. Les conflits d’intérêts, les problèmes de charge, d’organisation ou de rémunération se traitent sur leur propre terrain. Et les situations graves relèvent des ressources humaines et des instances compétentes.