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Le DISCde Marston

Manager6 min

Leadership situationnel : adapter son style de management à la maturité des équipes

Représentation du

Mains guidant une pièce de bois sur la table d’une machine d’atelier.

Dans le monde professionnel d’aujourd’hui, le leadership ne se résume pas à une position ou à un statut. C’est un art d’ajustement : reconnaître où en est chaque collaborateur pour l’accompagner utilement. Le leadership situationnel, formalisé à la fin des années 1960 par Paul Hersey et Ken Blanchard, propose une grille simple qui invite le manager à faire varier son style de management selon l’autonomie de son interlocuteur sur une mission donnée. Cet article montre comment ajuster votre posture pour soutenir le développement de votre équipe.

Il confie un dossier neuf à son meilleur expert, puis rapproche les points de contrôle.

Comprendre le concept de leadership situationnel

Le leadership situationnel repose sur une idée simple et robuste : il n’existe pas de manière unique de manager. Les membres d’une même équipe présentent des niveaux de compétence et d’implication très différents, et une même personne n’est pas au même point selon la mission qu’on lui confie. Le modèle en tire quatre styles :

  • Directif : pour une personne qui débute sur la tâche et a besoin d’instructions précises et d’un cadre serré.
  • Persuasif : pour celle qui progresse mais doute encore, et à qui il faut expliquer le pourquoi autant que le comment.
  • Participatif : pour une personne compétente dont l’engagement ou la confiance fluctue, et que l’on associe à la décision.
  • Délégatif : pour une personne autonome, qui maîtrise la mission et à qui l’on confie l’objectif comme les moyens.

Chaque style suppose une posture différente, du pilotage rapproché à la confiance large. Un point mérite d’être souligné, car il est souvent mal compris : le niveau d’autonomie s’apprécie tâche par tâche, et non comme une caractéristique globale de la personne ou de l’équipe. Un expert reconnu redevient débutant lorsqu’on lui confie un sujet neuf, et appelle alors un style plus directif — le temps d’acquérir ses repères.

Autre confusion fréquente : le leadership situationnel n’est pas un modèle de personnalité. Il ne dit rien de la façon d’être de votre collaborateur, seulement de son degré de maîtrise sur une mission. Les outils comportementaux comme le DISC répondent à une autre question : la manière dont une personne communique et agit. Les repères rassemblés pour manager avec le DISC éclairent la forme de l’échange ; le leadership situationnel, lui, détermine le degré de directivité. Les deux se complètent, ils ne se remplacent pas.

Elle demande à la collaboratrice de refaire la manipulation devant elle, sans commenter.

Évaluer la maturité de vos collaborateurs

Avant de choisir un style, il faut apprécier où en est votre collaborateur sur la mission concernée. Deux critères entrent en jeu :

  1. La compétence : les savoir-faire techniques et comportementaux dont la personne dispose pour cette tâche précise. La formation continue et l’expérience accumulée la font évoluer.
  2. L’engagement : le degré de confiance et d’implication avec lequel elle aborde ce travail. Il varie dans le temps, parfois rapidement, sous l’effet d’une réussite, d’un échec ou d’un changement de contexte.

Les deux critères ne progressent pas au même rythme. Quelqu’un peut être très compétent mais démobilisé, ou très motivé et encore malhabile. Dans le premier cas, la directivité est vécue comme une défiance ; dans le second, l’absence de cadre met la personne en difficulté. Sur le versant de l’implication, le levier n’est pas toujours managérial : la motivation des salariés tient aussi aux conditions de travail, à la reconnaissance et au sens perçu de la mission.

Il annonce en début de réunion qu’il ne validera plus chaque étape, et donne la date du point.

Adapter son style de management

Une fois cette appréciation faite, il reste à la traduire en pratique. Voici comment les quatre styles se déploient concrètement :

  • Directif : pour une prise de poste ou une responsabilité nouvelle. Donnez des consignes claires, montrez, fixez des points de contrôle rapprochés.
  • Persuasif : pour une personne qui monte en compétence mais a encore besoin d’appui. Expliquez les raisons de vos décisions, faites reformuler, encouragez.
  • Participatif : avec des collaborateurs compétents, sollicitez leurs propositions et construisez la solution ensemble. C’est aussi le style qui redonne confiance à celui qui doute de lui.
  • Délégatif : confiez l’objectif et les moyens, convenez d’un rendez-vous de suivi, puis laissez faire. Rester disponible ne signifie pas repasser derrière.

Changer de style n’est pas un désaveu. Annoncer ce changement, et dire pourquoi, évite qu’il ne soit interprété comme une sanction ou comme un désintérêt.

Elle donne les mêmes consignes détaillées au nouveau venu et à celui qui tient le poste depuis dix ans.

Les défis du leadership situationnel

Adopter cette approche comporte plusieurs difficultés bien identifiées :

  • Évaluation erronée : mal apprécier le niveau d’autonomie conduit à un style inadapté, et donc à de la frustration ou à du désengagement.
  • Changement de style : beaucoup de managers restent enfermés dans le style où ils sont à l’aise, et l’appliquent à tout le monde.
  • Communication : si les objectifs et les attentes ne sont pas explicites, le collaborateur ne comprend pas ce qu’on attend de lui, quel que soit le style employé.
  • Confusion des plans : traiter l’autonomie comme un trait de caractère fige les gens dans un rôle et prive l’équipe de ses marges de progression.

Pour les surmonter, appuyez-vous sur des critères d’observation explicites, sollicitez régulièrement du retour d’information et vérifiez votre appréciation avec l’intéressé plutôt que de la décréter. Un accompagnement professionnel aide souvent à sortir d’un style devenu automatique.

Le leadership situationnel n’est pas une panacée, mais il offre un cadre précieux pour ajuster son management aux besoins réels du moment. En prenant le temps d’évaluer la situation avant de choisir votre posture, vous créez un environnement où les collaborateurs se sentent soutenus sans être surveillés. Chaque ajustement est une occasion d’installer une culture d’autonomie et de progression.

Il rattrape le formateur à la sortie de la salle et lui montre une ligne de ses notes.

FAQ

1. Quel est le nom du niveau de développement « compétence faible, engagement variable » ?

Ce stade correspond au niveau D2, parfois appelé « l’apprenant désillusionné ». Cette terminologie vient de la version du modèle développée par Ken Blanchard, dite SLII ; la branche poursuivie par Paul Hersey parle, elle, de niveaux de maturité ou de disposition. Concrètement, la personne a passé l’enthousiasme du début, découvre la difficulté réelle de la tâche et doute. Le manager doit alors maintenir un cadre tout en soutenant la confiance, faute de quoi le projet s’enlise.

2. Quel comportement privilégie l’écoute et l’encouragement ?

C’est le comportement de soutien, que le modèle distingue du comportement de direction centré sur la tâche. Il consiste à écouter, associer à la décision, encourager et reconnaître les progrès. Il prend le pas dans les situations où la compétence est là mais où la confiance doit être restaurée.

3. Quel est le risque d’un style directif face à un expert autonome ?

Imposer un style directif à quelqu’un qui maîtrise sa mission est vécu comme du micromanagement. La personne se sent dévaluée, se désengage, et les meilleurs finissent par partir. Le manager y perd aussi sa crédibilité : chacun voit qu’il n’a pas su apprécier le niveau réel de son collaborateur.

4. Quelle est la différence entre les styles persuasif (S2) et participatif (S3) ?

Elle porte sur la maîtrise de la décision. En S2, le manager décide puis explique ses raisons et cherche l’adhésion ; en S3, la décision se construit avec le collaborateur, dont l’avis pèse réellement. Le premier convient à quelqu’un qui apprend encore, le second à quelqu’un de compétent dont il faut soutenir la confiance.